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Les écosystèmes qui bougent en ce moment

#EconomieNumérique #Innovation #Accompagnement #Financements #Territoires

Avec plus ou moins de bonheur, chaque territoire, chaque métropole, ville grande ou moyenne tente de se faire une place dans la nouvelle économie : celle de l’innovation, des startups, de la transformation numérique... Certains font preuve d’une dynamique inattendue, grimpent les marches à vitesse grand V et capitalisent sur des atouts qu’on n’avait pas forcément vus venir. Focus sur trois écosystèmes en phase de réveil survitaminé.

1- Bretagne : la dynamique multipolaire

Le profil de la Bretagne pourrait se résumer en deux tendances qui s’équilibrent : culturellement homogène et éclaté en une multitude de centres urbains participant à son dynamisme. Fait révélateur, elle compte deux métropoles labellisées French Tech, qui ne portent pas le nom d’une ville-phare, comme Lyon, Lille ou Bordeaux, mais s’intitulent Rennes-Saint-Malo et Brest-Lannion-Morlaix-Quimper. A ce lacis s’ajoutent encore d’autres maillons comme Vannes, Lorient ou Saint-Brieuc : la péninsule océanique est douée pour jalonner son territoire de phares signalant à l’entrepreneur qu’il n’est jamais loin d’un port.

Un réseau complet et structuré

Dans ce territoire éclaté, la force de la Bretagne est d’avoir su mobiliser son écosystème pour surmonter les handicaps d’une région décentrée et isolée. La Bretagne bouge littéralement : grâce à l’ouverture en juillet dernier de la LGV, Rennes s’est rapprochée de Paris, qui n’est désormais qu’à 1 h 30. Mais elle bouge aussi dans sa dynamique économique.

L’écosystème est non seulement mobilisé, mais aussi bien structuré : sans chaînon manquant, accessible et clair, aussi lisible qu’un plan de métro. La preuve, c’est que ce plan existe et démontre une chaîne de solidarités bien huilées pour accueillir et encadrer ses entrepreneurs. Toutes les stations sont en ligne ici.

En pointe sur la R&D

La Bretagne a d’autres atouts dans sa manche, à commencer par un niveau d’éducation élevé et un enseignement supérieur bien développé, à l’image de Rennes avec ses 65 000 étudiants. Un terreau fertile pour la recherche et l’innovation, pour irriguer une économie à forte valeur ajoutée.

À cet égard, les sept Technopoles réparties sur le territoire apparaissent exemplaires : regroupées en une Fédération, elles ont pu, sur la seule année 2016, participer à la création de 81 entreprises et à l’incubation de 48 startups.

Fonds d'amorçage : du solide

La Bretagne est également forte là où beaucoup de régions pèchent : celui du financement. Les startups peuvent trouver sur place des fonds d’amorçage crédibles quant aux montants apportés, avec notamment deux dispositifs : le fonds public-privé Breizh Up qui réunit la Région, le réseau des Business Angels locaux et autres investisseurs privés ; et d’autre part West Web Valley, fondée par des personnalités du secteur privé décidées à faire de leur région un incontournable de l’économie numérique.

Basée à Brest, West Web Valley est à la fois un accélérateur de startups et un fonds d’investissement et a même créé un festival, qui s’insère dans l’emblématique festival musical des Vieilles Charrues, bien décidé à mettre en avant ses propres stars : celles du digital.

Parmi celles-ci, Klaxoon fait figure de modèle. Cette startup rennaise, qui développe des solutions pour animer des réunions agiles, a réussi en 2016 une levée de 5 millions d’euros et remporté, entre autres, un Innovation Awards au CES 2016 et un autre en 2017. Ce bel arbre cache une forêt foisonnante qui compte plus de 400 startups… et qui ne compte pas s’en tenir là.

2- Clermont-Ferrand : la nouvelle "Silicon volcan"

On entend de plus en plus parler de Clermont quand on parle de startups en France. La notoriété du Bivouac, l'accélérateur de startups de Clermont n'y est pas pour rien, mais c'est aussi grâce à un écosytème équilibré et ouvert, constitué à la fois de grands groupes avec une culture de l'innovation réelle, de startups qui connaissent le succès et entraînent les autres, de PME solides, et de financeurs bienveillants, plus faciles à convaincre que leurs homologues dans d'autres régions, selon 80% des entrepreneurs qui sont venus s'installer ici...

Michelin roule en tête...

Ses atouts-maîtres sont d’abord à chercher dans le dynamisme de ses entreprises championnes. Première d’entre toutes, Michelin, leader mondial du pneumatique, a misé à fond sur son implantation locale : la firme a fait du cœur de l’Auvergne son terrain d’innovation, de recherche et d’étude, pour maintenir avec brio son avance dans le domaine industriel, technologique et même social.

À elle seule, la manufacture de pneus réussit à faire de Clermont une ville à dimension internationale, riche de profils à forte valeur ajoutée. Symbole de ce positionnement, le campus RDI de Ladoux, inauguré en 2016, se veut le cœur de la recherche la plus innovante sur le secteur de la mobilité. Michelin n’est pas une tour d’ivoire : la firme est très présente dans l’écosystème, partenaire ou financeur de nombreuses initiatives, à commencer par le Bivouac, l’emblématique accélérateur de startups créé à l’initiative conjointe des collectivités publiques et des acteurs économiques locaux.

...mais pas tout seul

D’autres poids-lourd contribuent aussi à cette dynamique. Limagrain est une autre curiosité locale : ce géant de l’agro-alimentaire constitué en coopérative a lui aussi plus d’un tour dans son sac de blé, semant aussi ses graines dans l’écosystème où poussent des fleurs de la foodtech et de la biotech.

L’industrie pharmaceutique ou aéronautique, le puissant groupe de presse Centre-France complètent le tableau, tout comme les sièges régionaux de plusieurs acteurs financiers, comme le Crédit Agricole, la Caisse d’Épargne ou le Crédit mutuel, qui n’ont pas obéi au redécoupage administratif.

Point d'entrée pour Auvergne-Rhône-Alpes, l'Europe et au-delà

La ville a perdu des sièges sociaux ou administratifs, mais elle a gagné de nouveaux horizons : ses acteurs prennent l’habitude de penser leurs ambitions à l’échelle de la grande région et la métropole lyonnaise apparaît suffisamment loin pour ne pas l’engloutir, mais assez proche pour élargir les opportunités d’affaires. par exemple, les clusters ont fusionné (dans le numérique, la santé...). Venir à Clermont, c'est donc entrer dans le réseau de la région la plus dynamique de France après l'Ile-de-France.

Du coup, Clermont et ses édiles se sentent pousser des ailes. Ils visent le titre de capitale européenne de la culture pour 2028 et lancent un « Réseau des villes Michelin » potentiellement riche d’une cinquantaine de villes dans le monde entier, incluant Shanghai, Chennai et quelques cités ultra-dynamiques en Europe, aux États-Unis et au Japon.

Encore des points forts ? Un enseignement supérieur très prégnant ; un écosystème d’autant plus accessible qu’il n’est ni trop grand, ni trop confus ; et surtout un sens aigu de la solidarité et de la convivialité qui facilite la mise en relation…

3- Bordeaux : de vrais raisons d'en parler

Avec la renommée mondiale de ses vignobles et son image de première de la classe en matière d’attractivité, on en aurait oublié que la capitale de l’Aquitaine était aussi en train de se positionner comme un pôle d'innovation majeur.

Attractivité : l'atout-maître

eu à peu, la métropole bordelaise assemble les pièces du puzzle pour booster son dynamisme.

Son premier atout : son image, source de forte attractivité, forgée grâce à un cadre de vie supérieur à celui des métropoles de même rang.

Elle lui permet de disposer d’un bon vivier de main d’œuvre qualifiée, d’entrepreneurs, de cadres et autres profils à haut potentiel, qui n’est pas près de se tarir, renforcé encore par son équipement solide en termes d’université et grandes écoles.

Un écosystème dense

De fait, le monde des startups apparaît en ébullition. Depuis 2014, Bordeaux se place au troisième rang des métropoles françaises pour les levées de fonds. Et le taux de créations d’entreprise par rapport au nombre d’entreprises tourne autour de 16 %, soit 4 points de plus que la moyenne nationale.

L’écosystème qui accompagne ce développement – clusters, incubateurs et accélérateurs, technopoles, fonds d’amorçage… – apparaît suffisamment dense et riche, facile d’accès quoique pas toujours facile à décrypter.

Mais là aussi, les choses sont en cours de clarification. Les acteurs se rapprochent, jouent la complémentarité et le réseau.

Un bâtiment totem en 2018

Symbole de cette dynamique, la Cité Numérique ouvrira ses portes en 2018. Ce bâtiment totem se veut polymorphe et tourné vers les usages plutôt que vers les technologies, avec l’originalité d’intégrer une dimension culturelle et éducative très affirmée. ce bâtiment viendra compléter l'écosystème déjà très fourni d'incubateurs, pépinières, espaces de coworking et accélérateurs, dont le très emblématique "Darwin" est le plus fier représentant.  

La cité numérique aura pour vocation de « favoriser les interactions entre les sphères économique, créative, sociale, citoyenne et institutionnelle, de stimuler le développement des entreprises et des activités créatives et culturelles qui seront nourries par des équipements et des services technologiques mutualisés ». Fonctionnant comme une sorte de guichet unique pour le développement des projets, il annonce à terme la création de 800 emplois directs.

Capitale du Grand Ouest

Autre facteur qui fait bouger l’écosystème bordelais : l’horizon s’élargit. Désormais au centre de la grande région Nouvelle Aquitaine, la capitale du grand Sud-Ouest est désormais étroitement liée à de nouveaux pôles qui renforcent la dynamique, comme Poitiers ou Limoges, maillons du réseau FrenchTech qui viennent s’ajouter à ceux de Pau et de la côte Basque. Et en même temps que Rennes, la capitale du sud-ouest a inauguré cet été la ligne LGV qui la rapproche de Paris.

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